Qu’est ce que le vin bio ?

 

Depuis quelques décennies, les craintes liées à l’utilisation des pesticides chimiques ont lancé l’ampleur qu’a prise l’agriculture biologique. Cette nouvelle forme de production et de gestion agricole a touché plusieurs secteurs de la consommation. C’est ainsi que le vin biologique est produit puis commercialisé dans plusieurs régions de France et du monde. À cause d’un processus de production différent, cette dénomination n’est pas accordée à tous les vins. L’appellation « vin biologique » est aussi contrôlée par certaines certifications. Voici tous les détails concernant le vin bio, ses origines jusqu’à la façon dont il est conseillé de le choisir.

Photo par Neven Krcmarek 

Les origines du vin bio

Pour la production du vin bio, les principes de l’agriculture biologique sont suivis aux champs comme à la maturation. Les origines de ce type de vin remontent plus ou moins à celles de l’agriculture biologique. En effet, le mouvement de l’agriculture biodynamique qui exclut l’utilisation des produits chimiques a débuté en 1927 en Allemagne. Dans les années 40, l’agriculture organique s’est de plus en plus développée. Ensuite, à partir de 1981 et de 1991, l’agriculture biologique est officiellement reconnue en France et en Europe.

Le vin biologique a donc été reconnu en 1991 dans un cahier de charges européen. Il était alors nommé « vin issu de la viticulture biologique ». À cette époque, les principes de l’agriculture bio n’étaient pas obligatoirement suivis durant la vinification. Ce n’est que le 1er août 2012 qu’ils ont été étendus à la production dans les chais en France. Aujourd’hui, le vin bio est produit dans tous les pays producteurs de vin. Chacun d’eux possède une réglementation spécifique concernant la filière.

En 2018, la France comptait 6 276 exploitations pratiquant la viticulture biologique. Ce chiffre est en hausse car le secteur du vin bio engage chaque année plus de 500 nouveaux viticulteurs.

La production du vin bio

Étant donné qu’il n’existe aucuns critères particuliers en matière de cépage, tous les types de vins peuvent être bios. Selon la réglementation européenne, les pratiques biologiques prennent en compte la viticulture comme la vinification.

La viticulture biologique

La viticulture est dite biologique seulement lorsque des intrants d’origine chimique sont exclus de l’agriculture. Autrement dit, le terrain, les outils ou les semences ne doivent pas être en contact avec des engrais ou des pesticides de synthèse. De plus, les OGM sont aussi exclus.

Pour l’entretien des sols et les traitements de la vigne, ce sont des produits d’origine organique ou minérale qui sont utilisés. Par exemple, la fertilité du sol est maintenue grâce à l’intégration de la matière organique et de microfaune. Plusieurs méthodes préventives ou de lutte biologique sont employées contre les ravageurs ou les espèces indésirables.

Les terres servant à la viticulture conventionnelle doivent être mises en conversion pendant au moins trois ans avant de produire du vin bio. C’est ainsi que le raisin produit est certifié biologique. Tout est fait dans le respect de l’environnement, de la santé du consommateur et de l’écologie des espèces.

La vinification

Dans les caves, la vinification biologique suit aussi certaines restrictions. Le sucre, le moût et l’alcool qui sont utilisés durant la fabrication sont tenus, eux aussi, d’être issus d’une production biologique. Leurs origines sont contrôlées et certifiées. De plus, il existe une liste d’intrants autorisés pour chacune des étapes de traitement du vin.

Pour l’acidification, par exemple, seul l’acide citrique est autorisé. Pour le sulfitage, le taux de sulfites contenu dans le vin bio doit être inférieur à celui du vin conventionnel. Pour résoudre donc, l’absence de soufre et conserver le goût du produit, les vignerons s’assurent de développer des techniques de stabilisation efficaces. Par ailleurs, certaines pratiques sont interdites. Il s’agit entre autres de la désalcoolisation, de l’électrodyalyse et du traitement des moûts à une température supérieure à 70 °C.

La différence entre le vin bio, le vin dynamique et le vin naturel

Avec ces méthodes spécifiques, le vin biologique se distingue du vin biodynamique et du vin naturel. En plus des principes biologiques, la production du vin biodynamique intègre aussi les influences lunaires. Il est caractérisé par le label Demeter. Quant au vin naturel, sa vinification exclut tout intrant ou traitement utilisé pour modifier le goût du jus de raisin. Il se distingue surtout du vin bio par son très faible taux en sulfites. La teneur est parfois de l’ordre 30 mg/L contre 100 mg/L.

Les régions de production en France

Les exploitations bios sont en plein essor dans toute la France. Dans le secteur du vin bio, certaines régions viticoles sont plus dominantes que d’autres. Le Languedoc-Roussillon vient en première place. Près de 30 % de sa superficie est dédiée à la viticulture biologique. Cela s’explique en partie par son climat qui est assez favorable pour réduire les difficultés de production. Les meilleurs vins bios de la région sont entre autres ceux de Fitou, de Corbières et de Faugères.

Ensuite, vient la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA) avec 6 600 hectares de vignes biologiques. Les vignerons de la région proposent une variété de vins bio allant du Sauvignon au Côté de Provence. Il y a aussi une longue liste de vins blancs, rouges et rosés. En Aquitaine, dans le Rhône Alpes ou encore en Alsace, la percée est moins remarquable. Néanmoins, les chiffres concernant la conversion dans ces grandes régions viticoles sont assez satisfaisants. Des milliers d’hectares sont dédiés au vin bio. Le concept s’est même étendu au Beaujolais et au Médoc.

Les labels de certification de vin bio

Le label Agriculture biologique est le plus connu. Les produits qui en sont pourvus sont estampillés d’un logo vert avec les lettres AB. Ce label interdit dans les vignes l’utilisation de tout produit de synthèse et d’organismes génétiquement modifiés. Durant la vinification, certains produits naturels sont autorisés tandis que d’autres procédés sont totalement interdits. Le label bio européen et le label à feuille étoilée suivent le même cahier de charges. Cependant, le premier plus connu en Europe et permet aux domaines d’accéder aux marchés internationaux.

Le label Ecocert est fourni par l’un des six organismes qui s’occupent des certifications liées à l’agriculture biologique en France. Pour l’obtenir, le vigneron doit soumettre son vin et son exploitation à des contrôles annuels. Ces derniers permettent de vérifier l’adéquation du vin avec le cahier de charges de l’agriculture biologique en France.

Le label international Déméter est associé au vin biodynamique. Toutefois, il est souvent attribué à des vins biologiques. Il y a aussi le logo de Fédération Interprofessionnelle du Vin issu de l’Agriculture Biologique (FNIVAB). Il s’inscrit dans la même catégorie que celui de la fédération Nature et Progrès. Ce sont tous deux des certifications établies par des professionnels de la filière.

Comment choisir un vin bio ?

Pour sélectionner un vin bio, il faut considérer certains paramètres qui sont aussi valables pour le choix d’un vin conventionnel.

Il y a d’abord le label. Certaines certifications sont plus fiables que d’autres en raison de leur statut. Par exemple, un vin estampillé du label AB ou du logo de la feuille étoilée sera plus reconnu. Ces labels représentent un gage de la qualité du vin et de l’absence de risques pour votre santé. Ensuite, vous devez tenir compte du vigneron, du cépage et de la région d’origine du vin. Ces informations renseignent aussi sur la qualité du produit et surtout sur son goût.

En France, certaines régions sont réputées pour les caractéristiques spécifiques de leurs vins. Cette règle s’applique aussi aux vins bios. Le prix est aussi très important même s’il ne détermine pas forcément la qualité du vin. Des bouteilles assez bonnes peuvent valoir moins de cent euros. L’essentiel est que vous trouviez un breuvage qui corresponde à vos goûts et à votre budget. Pour cela, n’hésitez pas à demander conseil à un caviste.

Il faut préciser qu’un vin bio coûte en moyenne plus cher qu’un vin conventionnel. En outre, tenez compte de l’année de conversion en bio et du millésime. Ces détails vous permettent de juger de la qualité du cépage. Plus la conversion au bio est ancienne, plus cela garantit un vin sans traces de pesticides ou d’engrais chimiques. Si vous souhaitez intégrer votre vin à un repas, n’oubliez pas d’accorder les arômes et les textures.

Par exemple, une bouteille de rouge léger se marie plus avec les légumes qu’une bouteille de vin blanc. Sur ce point, les caractéristiques du vin bio diffèrent peu de celles du vin conventionnel. Alors, vous pouvez toujours demander conseil auprès d’un sommelier pour savoir quel vin acheter pour accompagner vos plats. Par ailleurs, la filière du vin bio créé 50 % d’emplois de plus que le secteur du vin conventionnel et représente en 2016 près de 12 % de la production vinicole mondiale.

Pour contrôler son expansion et protéger le consommateur, de nombreuses certifications ont été mises en place. Cependant, certains exploitants réussissent à proposer des vins estampillés « bio » qui contiennent de fortes teneurs en pesticides chimiques. Les amateurs de vins bios doivent donc faire très attention à l’origine du produit.

Somme toute, la production du vin biologique se fait dans le respect de l’environnement comme de la santé du consommateur. C’est, en partie, la raison pour laquelle elle connaît une grande popularité chez les exploitants comme chez les consommateurs.